Fixer un objectif, c’est bien. Le comprendre, c’est mieux.
On le voit souvent en tunnel comme en parachutisme:
Tu rencontres un élève motivé, déterminé, plein d’envie… mais qui se fixe un objectif tellement loin de son niveau actuel que la frustration finit par prendre toute la place.
Et ça, c’est le meilleur moyen de perdre le plaisir de progresser. Parce qu’un objectif, ce n’est jamais un saut en ligne droite. C’est un chemin rempli d’étapes, parfois petites, parfois un peu frustrantes, mais toujours nécessaires.
Et si tu n’apprends pas à voir ces étapes, tu vas croire que tu n’avances pas… alors que tu es en plein dedans.
L’objectif final ne doit jamais être la seule boussole
Vouloir apprendre une manœuvre avancée, devenir “propre”, voler vite, ou atteindre un niveau que tu admires chez les autres… c’est super.
Mais si l’objectif final est trop loin de ton point de départ, ton cerveau ne voit que l’écart, pas le progrès.
Résultat :
tu doutes,
tu te compares,
tu te frustres,
et tu finis par croire que “tu n’y arriveras jamais”.
Alors que… tu y es déjà.
Tu es dedans, tu es en plein dans le processus.
La progression, c’est une succession d’objectifs invisibles
Quand tu regardes quelqu’un de très bon, tu vois juste le résultat.
Tu ne vois pas les micros-étapes, les sessions ratées, les ajustements infimes, les murs pris en pleine face (parfois littéralement).
Chaque grand objectif est construit sur des sous-objectifs et ce sont eux, les vrais moteurs de progression.
Les sous-objectifs décomposent le chemin en petites marches accessibles, mesurables, rassurantes.
Ils te donnent des victoires régulières, ils t’aident à garder le cap, et surtout : ils rendent ton objectif atteignable.
Mais pour avancer… il faut aussi comprendre pourquoi tu veux avancer.
On n’en parle pas assez, mais ta progression n’est pas seulement une question d’étapes. Elle dépend aussi d’un élément fondamental : ta motivation.
La motivation, c’est ce qui te pousse à t’investir, à t’entraîner et à rester engagé dans ton objectif, même quand c’est difficile.
Et surtout : ta motivation peut être totalement différente de celle de ton voisin.
En freefly, elle peut être :
sociale : voler avec les copains, se sentir intégré dans le groupe
technique : découvrir une nouvelle position, devenir polyvalent
performance : préparer une qualif, rejoindre des grosses formations
plaisir / sensation : ressentir la vitesse, explorer une nouvelle dimension du vol
Comprendre ta motivation change tout, sinon tu peux avoir le bon objectif… mais pas l’élan intérieur qui te permet d’y aller vraiment.
Le secret : arrêter de regarder le sommet, et commencer à regarder la prochaine prise
Quand tu grimpes une montagne, si tu passes ton temps à regarder le sommet, tu vas avoir l’impression qu’il ne se rapproche jamais.
Mais si tu regardes la prochaine prise… tu avances à chaque mouvement. C’est pareil dans l’apprentissage, ce n’est pas l’objectif final qui te fait progresser c’est la manière dont tu décides d’aller vers lui.
Et cette manière-là change tout :
elle transforme les échecs en informations utiles,
elle transforme la frustration en motivation,
elle transforme la pratique en plaisir,
et elle te donne enfin une vision claire de ta progression réelle.
Mon conseil de coach
Ne cherche pas à “aller vite” cherche à aller propre. Le “vite” viendra tout seul ensuite et sans te faire terminer dans la vitre.
Pose-toi la question :
Quel est le plus petit pas que je peux faire aujourd’hui qui m’amène vers mon objectif final ?
Et fais-le.
Répète-le.
Ressens-le.
Célèbre-le.
Parce que la vérité, c’est que tu n’as pas besoin d’aller plus vite. Tu as juste besoin de progresser consciemment.
Et quand tu progresses consciemment… tu progresses vraiment.